Les plaques signalétiques du moteur PT6 sont retrouvées 45 ans plus tard

Deux petits objets historiques qui dormaient dans une boîte à outils depuis des décennies ont été retrouvés, ironiquement, la même année où le moteur auquel ils étaient liés célèbre son 50e anniversaire. Retracer l’histoire de ces deux objets a nécessité un certain travail d’enquête ainsi qu’un excellent travail technique de la part du laboratoire d’essais des enquêtes techniques de P&WC. 

Donald Blane, maintenant à la retraite et vivant en Floride, était à la tête d’une chaîne de révision des moteurs PT6 chez Airwork à Millville, au New Jersey, dans les années 1967-1968 lorsqu’un avion Beech, qu’on connaît aujourd’hui comme étant un King Air et qui appartenait à l’armée américaine, s’est présenté sur place pour se soumettre à une révision de ses deux moteurs PT6. M. Blane, qui était également responsable de la gamme d’appareils, a aussitôt retiré les moteurs. Après avoir effectué la révision et en examinant les pièces rebutées, M. Blane a remarqué que les plaques signalétiques avaient été retirées et remplacées, ce qui est une pratique courante lors des activités de révision.

« J’ai immédiatement été intrigué par les numéros de série qui apparaissaient sur les plaques signalétiques. En effet, ces numéros indiquaient qu’il s’agissait des deux premiers moteurs PT6 jamais fabriqués, explique M. Blane. Je les ai alors placés dans ma boîte à outils et ils sont demeurés là pendant toutes ces années. » Cet événement s’est déroulé à une époque bien avant la mise en place du protocole actuel, qui exige que les plaques signalétiques soient retournées à P&WC.

Récemment, un ami de M. Blane a ouvert un atelier de révision au Texas. « Cet ami connaissait quelques personnes chez P&WC et m’a donné le nom d’une personne à contacter, explique M. Blane. Le fait que tout cela se soit produit l’année où le moteur célèbre son 50e anniversaire est une pure coïncidence. »

La personne jointe par M. Blane n’était nulle autre que Maria Della Posta, vice-présidente principale, Ventes et marketing. Cette dernière a ensuite demandé à Nivine Kallab, Développement des affaires, Aviation générale, de vérifier l’authenticité des plaques.

« Au départ, nous étions un peu perplexes, puisque nous avions en notre possession le premier moteur PT6 jamais construit, et la plaque signalétique qui y était installée indiquait que le modèle de moteur était un PT6A-6/C20, explique Mme Kallab. À mesure qu’évoluait l’enquête, nous avons pu déterminer que les moteurs qui avaient été révisés par l’atelier de M. Blane étaient à l’origine des moteurs PT6A-6 qui avaient été mis à niveau vers le moteur PT6A-20. C’est à ce moment que les choses ont commencé à prendre un sens. »

Avec l’aide de l’équipe de gestion de la configuration de P&WC, Mme Kallab a réussi à retracer les dessins techniques, qui indiquaient les dimensions, les matériaux et les marquages requis sur les plaques signalétiques produites dans les années 1960. Lorsqu’elle a comparé les dessins aux plaques en question, la compatibilité visuelle semblait évidente.

Pour faciliter l’authentification des plaques, Mme Kallab a demandé l’aide de Denis Blanchet, directeur du laboratoire d’essais des enquêtes techniques de haute technologie, à l’établissement de Longueuil. Le laboratoire réalise des inspections et des enquêtes de pointe sur les pièces de moteur.

« Nivine a précisé que les tests que nous devions effectuer se devaient d’être non destructifs, a déclaré M. Blanchet. Nous avons donc utilisé un microscope électronique à balayage pour obtenir des informations plus détaillées sur la topographie de la surface de l’échantillon. Le microscope utilisé est extrêmement puissant. Il offre un grossissement jusqu’à 20 000 fois. Il est également capable d’analyser la présence d’éléments chimiques tels que le zinc, le nickel, le fer et l’aluminium sur le matériau qu’il examine sans avoir à effectuer de prélèvements. »

Grâce à ses propres recherches, Mme Kallab a été en mesure de fournir des détails précis sur le type de processus utilisé en 1963 pour graver les plaques ainsi que leur composition matérielle. Pierre Leblanc, l’expert en laboratoire de M. Blanchet, a été en mesure d’utiliser cette information pour confirmer les constats voulant que les plaques avaient, en effet, été produites cette année-là.

« Grâce aux fonctionnalités avancées du laboratoire, nous avons pu confirmer que les plaques avaient été produites en 1963 et, en effet, les chiffres qui y étaient gravés indiquaient qu’il s’agissait du premier et du deuxième moteur PT6A jamais construits », a déclaré M. Blanchet, qui dirige le laboratoire depuis 15 ans.

Pour sa part, M. Blane est heureux que les plaques historiques aient retrouvé leur foyer d’origine, soit l’entreprise qui fabrique le légendaire moteur PT6. Pour avoir passé toute sa carrière dans l’aviation, M. Blane s’y connaît très bien en matière de moteurs d’avion et décrit le PT6 comme un « véritable bijou qui jouit d’une excellente réputation. Travailler sur ce moteur était à la fois facile et agréable ».

P&WC prévoit exposer ces plaques signalétiques historiques à son établissement de Longueuil.

  • Des ouvriers de l'atelier de moteur PT6 autour du moteur de tête de série destiné à Beech, et expédié le 22 décembre 1963. Archives P&WC (Gestion des documents et de l’information).

  • La plaque signalétique originale du premier moteur livré le 22 décembre 1963.

  • La plaque signalétique originale de la deuxième production du moteur.

PHOTO DE COUVERTURE: Gauche : La plaque signalétique originale du premier moteur livré le 22 décembre 1963. Droite : La plaque signalétique originale de la deuxième production du moteur.


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